AURELE graffeur contemporain

Après avoir étudié les rudiments de la peinture avec deux peintres québécois, Ludger Larose et Edmond Dyonnet, Marc-Aurèle Fortin se rend à l’Art Institute of Chicago pour parfaire son art. Il revient au Québec en 19121. Au cours des six années suivantes, se dessine chez l’artiste un style nouveau, une éblouissante transformation du paysage.

En 1918, il aborde pour la première fois la technique de l’aquarelle. En 1920, apparaissent ses aquarelles lyriques aux arbres troués. Sa maîtrise de l’aquarelle ne le satisfait pas, il l’abandonne temporairement. De 1922 à 1927, il peint des ormes démesurés où se dissimulent d’humbles demeures. En 1929, il expose à Chicago aux États-Unis, une autre exposition suivra l’année d’après à Prétoria en Afrique du Sud. En 1935, il se rend en France et dans le nord de l’Italie, où il exposera régulièrement.

Il revient au pays après 1935 et on remarque que son style s’est transformé. À la poésie et la naïveté, succède la puissance des tons intenses et vibrants.

En 1936, Marc-Aurèle Fortin révèle au monde des arts son esprit innovateur. Il conçoit une technique qui consiste à peindre sur des fonds gris « pour décrire l’atmosphère chaude des ciels du Québec » et sur des fonds noirs pour « intensifier la relation entre l’ombre et la lumière ». En 1939, il expérimente l’aquarelle rehaussée de crayon et de pastel à l’huile. Il s’adonne aussi à l’estampe et grave près de 60 plaques.

En 1950, l’artiste découvre la caséine (détrempe à base de lait). Il brosse des tableaux d’une puissance stupéfiante jusqu’en 1955. C’est la fin de sa prolifique carrière, la maladie le mine. Il confie à son gérant près de deux mille tableaux d’une valeur inestimable dont plusieurs malheureusement prendront le chemin du dépotoir. En 1959, il reprend ses pinceaux, mais ce n’est plus le grand Fortin. Jusqu’en 1967, l’artiste griffonne de mémoire des paysages au crayon feutre.

En 1966, il perd complètement la vue et un ami, René Buisson, l’installe au Sanatorium de Macamic en Abitibi, où il s’éteint le 2 mars 1970, aveugle et amputé des deux jambes.

Depuis mai 2007, on peut admirer une importante collection des œuvres de Marc-Aurèle Fortin au Musée des beaux-arts de Montréal. La Fondation Marc-Aurèle Fortin ayant décidé de faire donation de l’ensemble de sa collection (une centaine d’œuvres) à cette institution montréalaise.

Voir affiche d’Aurele

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