Le blanc, l’histoire des couleurs…

Le blanc, l’histoire des couleurs…

L’histoire des couleurs d’après le Petit livre des couleurs de Michel Pastoureau et Dominique Simonnet

Le blanc

La craie, disponible directement dans la nature, a été utilisée sèche, humide ou pâteuse, depuis les temps préhistoriques : les dessins des grottes et des cavernes en témoignent ( le cheval de la Grotte Chauvet)

Dans les sociétés anciennes, les pigments blancs issus de craies étaient utilisés pour colorer les supports d’écriture ou d’enluminures, supports qui restaient dans la couleur de la matière qui les composait telle que marron pour le bois, écru pour les étoffes, gris pour la pierre, jusqu’au moment où l’invention du papier blanc nécessita l’inversion des couleurs du dessin, qui devint notamment noir sur fond blanc.

Dans les fresques antiques, le blanc était avant tout utilisé comme apprêt, par exemple pour faire un fond uniforme ; cela perdure puisque les toiles sont toujours vendues ainsi préparées.  » Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement. «  (Wassily Kandinsky)

Le beige était associé à l’incolore. Grâce aux techniques modernes, c’est maintenant le blanc qui est maintenant associé à l’incolore. Mais c’est une couleur à part entière : il existait même deux types de blanc : le blanc mat « albus » et le brillant « candidus » .

Dans notre monde moderne, il est associé à l’absence, au manque (page blanche, un blanc dans la conversation). Dans l’imaginaire, il est associé à la pureté et l’innocence. Opposé au rouge, il est symbole de paix.

Il est associé à la virginité pour des raisons d’héritage et de généalogie.

Garantie de propreté, d’hygiène, il est lié à tout ce qui touche le corps. (Les draps se sont colorés depuis peu, d’abord dans des couleurs pastel puis la rayure est apparue, laissant place maintenant à des couleurs plus vives)

Au moyen âge, la lumière est symbolisée par le doré. La lumière divine est ensuite symbolisée par le blanc. Naturellement les souverains qui représentent l’autorité de l’Eglise, donc d’essence divine, adoptent la couleur blanche : les étendards, la fleur de lys, jusqu’au cheval d’Henri IV ainsi passé à l’histoire…

Le blanc est aussi associé à la matière indécise (spectre, fantôme), à la vieillesse, à la mort (linceul) mais aussi à l’innocence (blanc comme neige, montrer patte blanche), le berceau.

C’est la couleur du deuil en Asie et en Afrique. En Europe, le blanc est valorisé pour la couleur de la peau (alors qu’il est cadavérique en Asie). En Afrique, c’est la brillance de la peau qui importe, pas la couleur.

 

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