Les oeuvres qui firent scandale…!

Les oeuvres qui firent scandale…!

Les oeuvres qui firent scandale : l’Histoire de l’art moderne s’est écrite au rythme des controverses.

Pour des raisons liées à l’érotisme, la politique, la diplomatie ou la religion, de nombreuses oeuvres d’art ont, de tous temps et encore aujourd’ hui, été censurées car jugées immorales, non adaptées à la société de l’époque, donc dangereuses pour les pouvoirs en place.

Ces œuvres provoquèrent des réactions indignées, des critiques, et parfois des débats. Mais elles ne sont pas le seul fait des avant-gardes. Le Salon, où il faut attirer l’attention du public, appelle le scandale. Le musée d’Orsay suscita lui-même des polémiques à son ouverture.

A chaque scandale correspond sa révolution esthétique. En voici quelques exemples :

  • Edouard Manet, Le déjeuner sur l’herbe (1863) : un pique-nique trop frivole, scandaleuse… cette scène champêtre avec de « vraies gens » marque une rupture définitive entre les classiques et les modernes. Trop réaliste et érotique, elle donne lieu à des critiques d’obscénité!
  • Gustave Courbet, L’Origine du monde (1866): cachez ce sexe! Au-delà de cette vérité photographique, l’artiste est à la recherche avant tout dans sa peinture, selon ses propres mots, de « sentir la chair ». Courbet choque le bourgeois. Certains crient à la pornographie, d’autres à la laideur!
  • Pablo Picasso, Les Demoiselles d’Avignon (1907) : des sauvages cubistes, en rupture avec les références classiques. Il invente un nouveau langage des formes, les corps sont taillés à la hache, le nez géométrique est jeté de côté, les oreilles et les yeux sont disproportionnés. Effrayant!
  • Marcel Duchamp, Fontaine (1917) : un urinoir trône en chef d’oeuvre! Duchamp appelle ça un ready-made. A peine exposé, son urinoir est enterré. Il n’est même pas rejeté, faute d’être identifié comme un objet d’art!
  • Piero Manzoni, Merda d’artista  (1961) : un étron qui vaut de l’or! Petite boîte de 5cm de haut qui contient… de la merde d’artiste! Lors d’une exposition collective à Amsterdam, les autres artistes s’indigner et montent au créneau. Tous dénoncent une blague de mauvais goût. Et que contient vraiment la boîte? Face à à l’impossibilité  d’ouvrir la boîte, le mystère fait naître le scandale…
  • Maurizio Cattelan, La Nona Ora (1999) : attention! chûte de pape! Cette installation hyperréaliste a provoqué un tollé lors de sa présentation en Pologne dans un musée de Varsovie. Sa directrice en est même poussée à démissioner!
  • Wim Delvoye, Cloasca original (2000) : le tube digestif recréé avec une enfilade de vases en verres reliés entre eux par des tuyaux. Machine qui ingère, digère et défèque. Le processus dure 6 heures et à la fin, sous cloche, le résultat, des excréments. Aujourd’hui la foule se presse malgré des odeurs pestilentielles.

Références : ça m’intéresse Hors-série – Les Grands Scandales de l’histoire de l’art. Cinq siècles de ruptures, de censures et de chefs d’oeuvre, collectif, Beaux-Arts Editions.

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