L’histoire des couleurs – le bleu

L’histoire des couleurs – le bleu

L’histoire des couleurs d’après le Petit livre des couleurs de Michel Pastoureau et Dominique Simonnet

Le bleu

Le bleu est une couleur consensuelle à notre époque, c’est la couleur préférée des Européens. Elle n’était pas considérée comme une couleur dans l’Antiquité, et n’était pas représentée, sauf en Egypte où elle était considérée comme porte-bonheur.

Le bleu en Egypte : Le bleu (irtyu) pouvait être obtenu à partir de silicate de cuivre calcique. Le bleu clair est le symbole de l’air et du ciel. C’est également la couleur du dieu Amon qui était, entre autres, un dieu de l’atmosphère. Le bleu sombre du lapis-lazuli est le symbole de la voûte céleste la nuit, et des abysses. Le bleu turquoise est le symbole de l’univers aquatique du Nil d’où jaillit toute vie.

Le bleu est une couleur difficile à fabriquer. Pour Rome, c’est la couleur des barbares, de l’étranger. Le bleu est absent dans les textes anciens. Jusqu’au Haut Moyen Age, les couleurs utilisées sont le rouge, le blanc et le noir.

Au 12ème et 13ème siècle, on assiste à la promotion du bleu. La lumière devient bleue, les ciels sont peints en bleu. A partir du 12ème, la Vierge s’habille de bleu. Cette couleur permet de hiérarchiser les individus. (Le roi s’habille de bleu)

Le vert et le jaune apparaissent pour varier les combinaisons. Le bleu devient le contraire du rouge, les vitraux deviennent bleus (bleu de cobalt), la couleur bleue devient un enjeu religieux. Le bleu devient plus facile à fabriquer : les progrès techniques permettent la production de coques de guède et fait la fortune des Pays de Cocagne (Toscane, Picardie, Toulouse), en concurrence des producteurs de garance (rouge).

Au 18ème siècle, l’apparition du bleu de Prusse, l’indigo des Antilles et d’Amérique provoque la crise des pays de Cocagne. Nantes et Bordeaux (ports) s’enrichissent grâce à l’importation de l’indigo.

Au 19ème, le bleu est associé au romantisme et au jean (Levi Strauss)

Les jeans, appelés aussi « blue-jeans », ont été créés par Oscar Levi Strauss à la fin du 19e siècle à partir d’une toile en coton fabriquée à Nîmes et appelée « denim » (denim = de Nîmes). Cette toile teintée en bleue était également appelée « bleu de Gênes », car elle était utilisée à Gênes depuis le 16e siècle pour la confection des pantalons de marins. Le terme français « bleu de Gênes » a donné par déformation le nom « blue-jeans ».

Signification politique : d’abord couleur des républicains (blanc = monarchiste, noir = clérical), le bleu devient conservateur après la première guerre mondiale (rouge = gauche)

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